Résumé
Du capitalisme culturel. — Dans cet article les trois ouvrages analysés offrent, chacun à sa manière, une critique aiguë du capitalisme en termes de catégorie universelle. À travers des études de cas, les auteurs remettent en question les conceptions qui font de l'histoire du capitalisme à la fois une entreprise globalisante du monde et un processus d'intégration inéluctable, dans une modernité englobante, des différentes communautés traditionnelles. Cependant, bien que certains auteurs aient conjointement recours à une sociologie historique de l'action et à l'individualisme méthodologique, ils ne parviennent pas à résoudre la contradiction entre une approche fondée sur le mode d'agencement culturel de positions occupées par des sujets (« agency ») et une démarche reposant sur un principe d'organisation socio-économique ou politique (« structure »). Dans cette perspective, le problème de la définition de la culture en tant que sphère autonome, et donc potentiellement déterminante, reste en effet posé. En outre, bien que tenant compte des interprétations de l'histoire du capitalisme en termes de « désenchantement du monde », ces auteurs, critiques à l'égard de la thèse de l'universalité du capitalisme occidental, laissent néanmoins de côté les tentatives visant à réévaluer la pertinence du récit fondateur de ce système. Porter davantage d'attention au régime historique de valeur et de vérité plutôt qu'au système de sens à fondement culturel réoriente l'analyse vers la question de savoir comment le pouvoir est impliqué dans la construction de référents historiques efficaces.<p></p>